Libertés neuchâteloises

Articles des membres du PLR Val-de-Ruz

La Commission des  Pétitions et des grâces a rendu son rapport relatif à  la pétition concernant l’Abattoir des Ponts-de-Martel déposée par l’Association Pour l’égalité animale (PEA) en juin 2019.

L’Association PEA a publié une vidéo de l’Abattoir des Ponts-de-Martel sur le site www.abattoirs-suisses.ch. Elle dénonce que l’abattage des animaux se fait dans des conditions épouvantables, et même régulièrement en violation de la législation suisse sur la protection des animaux.

L’association a déposé une dénonciation pénale auprès du Ministère, public, ainsi qu’une copie auprès du service de consommation et des affaires vétérinaires (SCAV).

Lors de sa rénovation en 2013, l’État de Neuchâtel avait accordé un crédit d’engagement de 694'000 francs à l’Abattoir régional des Ponts-de-Martel et la Confédération avait également contribué pour un montant similaire. Les pétitionnaires trouvent inacceptable que des fonds publics subventionnent la maltraitance animale qui a lieu au sein de cet abattoir et demande la position de l’Etat concernant le fait que nos impôts subventionnent cet abattoir.

D’autre part,  l’association  sollicite des explications quant au fait que les services vétérinaires  aient pu laisser cette situation se produire et quelles mesures seront prises pour y remédier.

Elle demande qu’à l’avenir toute subvention soit refusée en faveur d’une entreprise dont le but est d’exploiter ou de tuer des animaux.

La commission a obtenu les explications suivantes de la part du Conseil d’Etat et du SCAV :

Lors de l’agrandissement et la rénovation de l’abattoir en 2013, une subvention cantonale d’un montant de Frs 694'000.-  a été versée : Frs. 494'000.- dans le cadre des améliorations structurelles agricoles et Frs. 200'000.- pour garantir l’abattage d’animaux en cas d’épizooties.

Un contrat a été signé avec la coopérative agricole, garantissant l’utilisation prioritaire de l’abattoir par les services vétérinaires si une épizootie se déclarait. L’état a ainsi évité de devoir construire et exploiter son propre abattoir, réalisant d’importantes économies, tant au niveau de l’investissement que des coûts de fonctionnement.

Ainsi, les infrastructures de l’Abattoir sont conformes aux normes en vigueur.

En fin d’année 2018, plusieurs vidéos ont été tournées clandestinement  au sein de l’abattoir dénonçant l’abattage non conforme et la violation de la législation suisse sur la protection des animaux.  Dès lors, le SCAV a procédé à des inspections régulières de l’abattoir. Chaque non-conformité constatée a fait l’objet d’un suivi administratif exigeant la mise en conformité des irrégularités.

La commission a reçu l’assurance qu’un suivi strict et adéquat a été mis en place par le SCAV en vue de veiller scrupuleusement au respect de la loi sur la protection des animaux en matière d’abattage.

L’Abattoir des Ponts-de-Martel, situé dans la région d’élevage de notre canton,  joue un rôle important au cœur d’une filière agro-alimentaire. Il garantit des durées de transport  très faibles pour les animaux, tout en offrant un approvisionnement de proximité pour les nombreux commerces qui s’y fournissent.

Concernant le subventionnement public octroyé à l’infrastructure, la commission, après avoir entendu les explications données, est convaincue de sa pertinence et de son utilité.

La commission a décidé de ne pas donner suite à la pétition et propose au Grand Conseil, d’en faire de même lors de la séance du 21 janvier prochain.       

Le Grand Conseil a accepté le classement de cette pétition par 92 oui, 12 abstention et 1 non.

                                                   Mary-Claude Fallet

                                                   Députée – Conseillère Générale

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Article d'Anne-Christine Pellissier pour l'édition de Libertés neuchâteloises du 15 novembre 2019, au sujet de la réouverture de l’axe routier entre Villiers et le Pâquier.

Samedi 16 novembre a lieu la cérémonie de réouverture de l’axe routier entre Villiers et le Pâquier après plusieurs mois de travaux marathons. En bonne partie détruit lors des intempéries du 21 juin dernier, ce tronçon a dû être fermé le temps de sa reconstruction et c’est avec soulagement que les habitants de Val-de-Ruz, les nombreux pendulaires et les sociétés de remontées mécaniques voient la route rendue au trafic avant l’hiver.  

De mémoire d’homme et de femme à Val-de-Ruz et dans le canton, personne ne se souvient d’avoir vécu un tel évènement engendrant autant de dégâts, ainsi que la perte d’une vie humaine. En effet, durant la soirée du 21 juin, des pluies torrentielles se sont abattues sans discontinuer pendant trois heures sur l’est du Val-de-Ruz. Ce sont 100 litres d’eau par mètre carré qui sont tombés sur toute la région, provoquant des inondations un peu partout, mais surtout formant une vague de près d’un mètre de haut à l’entrée de Villiers. Cette vague s’est engouffrée dans les maisons et a emporté voitures, jardins et infrastructures dans les villages de Villiers et Dombresson avant de rejoindre le Seyon sur lequel a été enregistré un débit de 28m3/seconde au plus fort de la crise.

Cinq mois plus tard, alors que de nombreux citoyens sinistrés sont toujours en attente de nouvelles de leurs assurances privées pour la prise en charge des dégâts, que plusieurs d’entre eux n’ont pas encore pu retrouver leur logement ou ont encore des installations de chauffage et d’électricité provisoires, un travail de titan a été réalisé du côté des infrastructures cantonales et communales.

Il s’agissait en effet de réagir rapidement pour sécuriser les routes permettant de relier le Pâquier avec le reste du territoire vaudruzien, de rétablir les accès à certaines habitations isolées, et de reconstruire les voies de circulation détruites qu’elles soient communales ou cantonales. Nous ne pouvons que relever l’excellente collaboration qui s’est mise en place entre les services cantonaux de Laurent Favre et la Commune de Val-de-Ruz pour relever ces défis, de même qu’avec le consortium d’entreprises, ainsi que les entrepreneurs locaux qui ont œuvré à la reconstruction.  

C’est donc une route neuve et sécurisée, prenant en compte des travaux d’élargissement et de consolidation du lit du Ruz Chasseran qui la borde, qui seront inaugurés ce samedi. Il est à noter que la Commune de Val-de-Ruz a profité de cette fermeture pour effectuer toutes les coupes de bois prévues initialement au cours de ces deux prochaines années dans le but d’éviter toute nouvelle fermeture de la route. 

Enfin, de nombreux mois seront encore nécessaires pour que chaque citoyen concerné et la Commune de Val-de-Ruz puissent parler de cette catastrophe au passé. L’expérience de sinistres similaires arrivés ailleurs le montre, il faut des années pour remettre toutes les infrastructures à niveau, régler les questions financières et, pour tous ceux qui ont subi de plein fouet ces intempéries, récupérer des suites d’un tel traumatisme.

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Article de Mary-Claude Fallet pour l'édition de Libertés neuchâteloises du 4 octobre 2019, au sujet de l’emploi des pesticides dans l’agriculture

Actuellement, l’emploi des pesticides dans l’agriculture est fortement remis en question. La Confédération reconnaît des problèmes dans son système d’autorisation de ces produits. On n’en doute pas : il faut évaluer objectivement leur dangerosité et rechercher de nouvelles manières de faire plus naturelles, sans toutefois tomber dans l’intégrisme ni bannir systématiquement tous les produits du jour au lendemain.

En ce qui concerne l’agriculture, laisser la nature faire sans aucune aide nous rappelle rapidement qu’il n’est pas certain qu’on aboutisse à une récolte.  Pour un jardin potager, destiné à alimenter la famille, cela ne pose pas de problème : sans rendement, les jardiniers amateurs pourront toujours se rendre au magasin pour compléter leur panier !

Et même si, après les semis, leur enthousiasme diminue au fil des semaines, s‘ils négligent ou abandonnent leurs plantations, cela n’aura pas de graves conséquences.

En effet, les travaux exigeants ne tarderont pas : sarcler, désherber, etc. Puis viennent les chaleurs estivales et souvent la sécheresse. Il va falloir arroser régulièrement, sinon adieu veaux, vaches, cochons, couvées…

Enfin, le temps de la récolte ! Là encore, la nature n’attend pas : c’est elle qui  choisit quand nous devrons cueillir, nettoyer, préparer les légumes et les fruits pour les repas et les conserves, et il faudra peut-être renoncer à un loisir si l’on veut savourer plus tard les produits de son jardin.

Pour les agriculteurs,  qui ont la tâche d’approvisionner la population suisse, c’est une autre paire de manches ! Ils dépendent totalement de la productivité de leur travail.

En ce qui concerne la culture des pommes de terre, par exemple, s’ils doivent renoncer à tout traitement de produits pesticides sans alternatives concrètes plus naturelles, la Suisse devrait en importer encore plus de tonnes, qui seraient traitées sans aucun doute plus que celles produites dans notre pays.

Pour ne citer qu’une maladie parmi d’autres pouvant affecter ce tubercule, le mildiou (champignon qui provoque de la pourriture) a engendré des famines par le passé. Un fongicide permet maintenant d’y remédier, pour le moment.

Au temps de nos parents, les élèves se rendaient dans les champs de pommes de terre durant le temps scolaire pour ramasser les doryphores (ravageurs qui se propagent par temps sec et chaud), qui étaient ensuite détruits. Actuellement, comment combattre ces ravageurs sans pesticide ?

A mon sens, il est indispensable de rechercher d’autres méthodes moins nuisibles que les traitements à base de fongicides et d’insecticides et de légiférer sur leur emploi. Cependant, il faut tout de même reconnaître que ces produits nous ont permis d’avoir de meilleures récoltes et des rendements plus réguliers dans notre pays qu’il y a un siècle.

Avant de dénigrer purement et simplement les méthodes actuelles, j’enjoins ceux qui en ont la possibilitéà cultiver leur coin de pelouse pour obtenir ne serait-ce que quelques tomates ! Le consommateur a aussi une responsabilité lors de l’achat de ses fruits et légumes, selon leur provenance.  

En conclusion, tout l’amour que l’on peut porter à la nature et à sa défense ne doit pas nous faire oublier le travail des agriculteurs et les enjeux qui se cachent derrière chaque récolte.

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